Compte rendu de l’audience sur la voie professionnelle

Jeudi 6 Novembre nous avons été reçu.e.s en intersyndicale (2 CGT, 1 FSU et 1 CFDT) à la DSDEN de la Loire.
Cette audience nous a permis de rappeler les raisons de notre opposition aux différentes réformes qui se sont succédées concernant la voie pro et notamment à la dernière en date avec le parcours en Y.
- La CGT a pu expliquer que les semaines de stages supplémentaires se font au détriment des heures d’enseignement ce qui en plus de baisser le niveau de formation augmente le niveau de stress pour les élèves et pour les personnels (pression pour finir le programme).
- Nous avons abordé la difficulté accrue pour trouver des stages pour les élèves en fin d’année (embouteillage notamment avec les élèves de 2nde GT qui disposent souvent de plus de "réseaux") et la surcharge que cela représente pour les PLP avec des exemples très concrets (notamment dans des filières qui semblaient jusque là épargnées).
- Nous avons rappelé pourquoi la CGT critique le mythe de l’entreprise formatrice : décès d’élèves, violences sexuelles et sexistes subies, expositions à des produits et machines dangereuses... A ce sujet, la CGT a rappelé aux représentantes de l’institution la nécessité que les établissements communiquent davantage avec les entreprises afin que toutes les conventions de stage qui le nécessitent aient des dérogations validées par l’inspection du travail pour que les élèves puissent travailler sur des machines dangereuses.
- La CGT à également pu expliquer comment le parcours en Y testé cette année a été un échec, a complètement désorganisé la fin de l’année scolaire et in fine a augmenté l’absentéisme voire pour certains le décrochage scolaire (nombreux élèves partant dans le monde du travail pendant cette période et ne revenant parfois même pas aux examens de Juin)
- Nous avons expliqué, là aussi avec des exemples très concrets, en quoi le fait de mélanger élèves n’ayant pas trouvé de stage avec élèves voulant poursuivre des études était démobilisateur pour ces derniers et quasi ingérable pédagogiquement.
- Enfin nous avons pu souligner notre vive inquiétude par rapport à la refonte des cartes de formation dont le seul but semble de répondre aux exigences du patronat en visant une adéquation parfaite entre besoins locaux et formations proposées. Nous avons rappelé que cela allait assigner à résidence les élèves, que pour les métiers dits en tension il était nécessaire de réévaluer salaires et conditions de travail pour les rendre attractifs. Et enfin, que l’enseignement professionnel avait une visée d’émancipation pour les jeunes que les différentes réformes mettent dangereusement à mal !
La FSU à confirmé qu’elle partageait pleinement nos analyses et revendications. Le collègue a pu faire un parallèle avec les réformes qui ont touchées le collège et les lycées GT et les perspectives d’augmentation des inégalités sociales que celles ci vont induire.
La CFDT a commencé à partir d’expérience positive ("car on ne le fait souvent pas assez") mais a aussi souligné l’inquiétude des collègues de LP et la désorganisation subie sur la fin d’année. La collègue a demandé ce qu’il en était du comité de suivi qu’avait réclamait la CFDT.
Nous avons obtenu peu de réponses concrètes.
Les représentant.e.s de l’institution nous ont d’abord rappelé que cette année le taux de satisfaction sur le 1er vœu est de 67,8% et que seulement 34 élèves n’ont pas été affectés.
Mme DeCosas a expliqué que le rectorat avait demandé un retour au chefs d’établissement de LP du déroulé de l’année dernière et elle a reconnu "qu’on allait pas se mentir" et qu’il y avait "des choses à revoir".
Elle pense que nationalement un constat similaire a du être fait et que le passage de 6 à 4 semaines va dans ce sens.
Elle pense qu’il se peut que les choses évoluent encore mais aucune information précise n’a été donnée à ce jour.
En ce qui concerne le calendrier des examens rien n’a été acté encore définitivement.
Pour le moment pas d’informations non plus sur la poursuite de la rétribution des stages.
En ce qui concerne le comité de suivi il n’y a pas de réponse non plus.
Nous avons pu redire notre mécontentement de n’être jamais concerté.e.s avant et pendant les réformes. Que celles ci se succèdent à des rythmes qui ne permettent aucune analyse critique et constructive et que les enseignant.e.s et personnels ne sont de toutes façons pas consultés en aval non plus.
Enfin la CGT a conclu en demandant aux représentants.e.s de l’institution de prendre conscience que les PLP sont souvent exposés en premiers et amenés à gérer des élèves qui cumulent des difficultés de tout ordre (élèves souvent éloignés de la scolarité, ne respectant parfois pas le cadre scolaire ou étant issus de famille très éloignées du monde du travail).
L’administration ne peut pas continuer de mépriser ces personnels enseignants, AED, AESH administratifs, leurs analyses et leurs revendications sans faire prendre un risque énorme de découragement et donc d’écroulement de la voie professionnelle au sein de notre école et donc de notre société (rappelons que les LP concernent un élève sur 3).
