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 L’école n’est pas une entreprise : Les dangers du rapprochement école - entreprise

 

École et capital, un objectif commun assumé

Pour la CGT Éduc’action, l’École a pour fonctions principales l’émancipation et l’épanouissement, immédiats et à long terme, de l’enfant en l’aidant à se construire et être acteur·trice de sa formation. Cette formation doit permettre d’acquérir des savoirs et des savoir-faire. Elle doit être aussi qualifiante et permettre de valider les années d’études par un diplôme reconnu dans les grilles de classification afin de garantir les droits et rémunérations des futur·es salarié·es.

Mais pour les tenant∙es du capitalisme, l’École a un tout autre rôle. Elle est tout d’abord synonyme d’employabilité et doit permettre, dans un rôle idéologique, la transmission des valeurs de hiérarchie dans la société tant par ses contenus que par son organisation. C’est d’ailleurs en ce sens que le Capital a accepté la massification afin d’obtenir, à un moment, une main d’œuvre plus qualifiée, mais sans la question de son émancipation.

C’est dans cet esprit que l’ École est sommée d’obéir au néolibéralisme prôné par un certain nombre de traités (dont celui de Lisbonne) visant à bâtir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde », de « promouvoir une main d’œuvre qualifiée, formée et susceptible de s’adapter ». Cette stratégie vise à systématiser la relation École-entreprise pour développer un système scolaire le plus compétitif possible pour le monde du travail.

Dans ces conditions, des opérations de lobbying, soutenues par les gouvernements successifs, sont menées sans cesse avec un discours assumé : l’École, désuète et inefficace, est sommée d’accroître ses liens avec le monde économique, de s’inspirer des vertus formatrices de l’entreprise pour gagner en efficacité pour orienter, former et insérer.

Pour la CGT Éduc’action, ce discours est faux car l’entreprise n’est pas meilleure formatrice que l’École (l’apprentissage en est le parfait contre-exemple) et surtout, elle ne porte aucune vision d’émancipation.